Agents d’éducation Enseignement technique de qualification

Objectifs de l’option Agents d’éducation au 3e degré

Organisée uniquement à partir du 3e degré, l’option Agent(e) d’éducation est une section de finalité longue de l’enseignement technique de qualification.

Elle poursuit deux objectifs :

  • préparer au métier d’ éducateur
  • donner accès aux études supérieures

Elle assure donc une formation conduisant au certificat homologué de l’enseignement secondaire de la Communauté française de Belgique et au certificat de qualification.

Trois grands axes sont développés au travers des cours :

  • une formation générale correspondant au niveau des études secondaires supérieures,
  • une formation pratique : stages auprès d’enfants en difficultés sociales, de personnes souffrant de handicaps, de personnes âgées, …
  • les stages sont suivis de rapports et de discussions qui permettent un travail de réflexion tout au long de l’année.

L’étudiant qui choisit cette option doit être ouvert à autrui, capable de travailler en équipe et de vivre en groupe et surtout être sensibilisé aux problèmes de l’éducation.

Cette formation prépare davantage aux études supérieures suivantes :

  • Educateur
  • Assistant social
  • Etudes psychopédagogiques menant à une carrière dans l’enseignement
  • Ecole normale, maternelle, primaire ou régendant
  • Etudes paramédicales

Grille horaire des 5e et 6e années

Formation commune – de 18 à 20h
Éducation physique 2h
Français 4h
Formation scientifique 2h
Formation historique et géographique 2h
Religion 2h
Formation sociale et économique 2h
Mathématique 2h ou 4h
Langue moderne 1 2h
Options groupées – 16h
Éducation à la communication et à la relation 2h
Éducation à la santé 3h
Formation sociale 2h
Psychopédagogie 4h
Techniques éducatives 2h
Activités d’insertion professionnelle 3h
Total – de 34 à 36h

L’importance de l’écrit pour un éducateur…

Les élèves posent souvent la question de l’utilité de l’écrit dans le travail de l’éducateur : à quoi bon, disent-ils, développer les compétences en expression écrite, nous ne serons pas écrivains. Voici d’ailleurs la liste qu’ils ont établie des raisons de ne pas aimer écrire :

  • écrire exige du matériel;
  • cela prend du temps;
  • on est jugé sur ses erreurs;
  • cela tue l’improvisation;
  • la mémoire suffit, écrire est superflu;
  • c’est très lent;
  • cela demande de l’effort;
  • quand on écrit, on est tout seul, il n’y a pas d’échange;
  • c’est physiquement difficile;
  • cela coûte de l’argent;
  • c’est plus difficile de s’exprimer par écrit; on risque de ne pas être bien compris;
  • quand on écrit il y a plein de pièges;
  • les erreurs restent;
  • fait croire que c’est plus important que de se parler;

Tout cela est bien vrai et légitime. Il y a pourtant de bonnes raisons d’apprendre à mieux écrire pour exercer son métier de travailleur social. En voici quelques-unes :

  • Un écrit d’éducateur peut déterminer la vie d’une personne.

Il arrive qu’un écrit réalisé par un éducateur exerce une influence considérable sur l’avenir d’une personne lorsqu’il est pris en considération par l’autorité de tutelle (juge, conseiller, psychologue…) pour prendre une décision. Cela mérite un soin particulier.

  • La mise par écrit permet de prendre distance.

Lorsqu’on est très ému, très pris dans un moment de vie, que l’on soit stagiaire ou éducateur professionnel, on risque de manquer de clairvoyance. En éducation il est essentiel de prendre du recul pour observer ce qui s’est passé. Cela s’appelle une médiation. Parler de ce qui s’est passé ou l’écrire force à prendre une distance (changement de registre). Se relire permet, en outre, de prendre du recul. Dans certaines institutions cette médiation (« supervision ») est obligatoire.

  • La mise par écrit permet de structurer le réel.

Lorsqu’on vit une situation, on l’éprouve globalement comme par l’addition en vrac de mille perceptions. Au moment de décrire cette expérience, il faut nécessairement choisir certaines informations qui deviennent dès lors importantes et en abandonner d’autres. (Alors que quand on parle, on ajoute sans limite des gestes, des mots, des rectifications…) En outre, pour que le texte fonctionne, il faut l’organiser, créer des liens. Écrire est donc une manière de structurer, de construire. Ajoutons que dans la vie d’une institution, une série de textes construisent la vie en commun : règlements, notes de service, rapports de réunions, etc.

  • L’écrit permet l’archivage.

Un événement éducatif est une expérience fragile. Dès qu’il s’est produit, la mémoire commence à en effacer les détails. Sans un enregistrement rapide et convenable, les détails s’estompent, la personnalité, consciente ou inconsciente, du témoin se charge de combler les vides, quitte à modifier certaines perceptions. Après quelques jours l’événement original est altéré, il a perdu de sa richesse et ne permet plus une lecture de supervision efficace. Il est donc important de noter dès que possible une observation éducative sur laquelle on souhaite revenir a posteriori. Dans la vie d’une institution, les documents écrits servent de référence que l’on peut retourner consulter en cas de conflits (décisions de réunions, etc.

  • L’écrit permet un accès facile et rapide à l’information.

On pourrait bien sûr enregistrer des observations sur cassette audio ou vidéo. Mais lorsqu’il s’agirait de retrouver telle parole, tel geste, il serait nécessaire de passer un long moment à faire défiler la bande magnétique avant de trouver le passage intéressant. Avec l’écrit, il suffit de tourner la page, c’est plus pratique. Les informations parfois très intimes sur les personnes dont l’éducateur a la responsabilité se trouvent la plupart du temps dans des dossiers écrits. (Cela pose d’ailleurs le problème de l’accessibilité de ces informations !)

  • L’écrit facilite la communication à autrui.

La mise par écrit d’observations est une pratique fréquente en institution où les éducateurs travaillent par roulements et doivent se transmettre le plus fidèlement possible les informations (cahier de bord, carnet de communication, cahier de contact, etc.) Chez nous, à l’école, la mise par écrit permet aux partenaires de l’échange (élève- prof de supervision) de remplir leur tâche selon leurs disponibilités. L’élève peut élaborer le texte quand il le souhaite, le professeur le lire et le relire au moment qui lui convient le mieux. En outre, l’écrit conserve les traces des interventions successives des différents partenaires.

  • Le recours à l’écrit est une exigence professionnelle.

Etre capable de rédiger de façon lisible et communicable des observations fiables de comportement et d’attitudes est une compétence exigée par les institutions. Bien sûr, les formes et l’utilisation de ces observations peuvent varier selon les circonstances.

  • Écrire est un bon moyen de se réconcilier avec l’indispensable lecture.

La production écrite nous semble un excellente porte d’entrée pour favoriser la lecture. Et savoir lire est une compétence essentielle de l’éducateur qui cherche à en savoir plus. Une part importante de l’autoformation passe, en effet, par la lecture d’articles, de dossiers, de livres. Ajoutons encore que pour se servir de l’ordinateur, la maîtrise de l’écriture est un atout. Et que savoir écrire peut rendre d’appréciables services dans la vie (correspondance, demande d’emploi, rapports, concours d’admission…).